Inspiration // Récit

Laikipia, l’autre visage du Kenya

Par Tselana Travel

RETOUR D’EXPÉRIENCE - NOVEMBRE 2025 & JUIN 2026

Deux voyages au Kenya, à quelques mois d’intervalle, et une même envie : aller au-delà du Masaï Mara. Direction Laikipia, ses vastes concessions privées, ses paysages sauvages et quelques adresses remarquables, dont l’une restera un véritable coup de cœur.

Laikipia, un autre Kenya

Novembre 2025 & Juin 2026 m’ont ramenée à 2 reprises au Kenya.
Au Masai Mara bien sûr mais surtout dans la région de Laikipia, l’un des 47 comtés du Kenya, réputé pour la diversité de ses paysages et de ses tribus (Kikuyu, Masaï, Samburu, Meru, Borana, Turkana …).
Je ne m’étendrai pas sur le Masaï Mara, bien plus célèbre que cette réserve qui réserve pourtant de belles surprises et cumule de nombreux atouts : absence de malaria (nous sommes ici à plus de 2 000 mètres d’altitude), paysages somptueux et concessions encore relativement peu fréquentées.
La faune y est moins dense qu’au Masaï Mara et son observation demande parfois davantage de patience. C’est aussi ce qui fait tout l’intérêt de la région. Les véhicules sont rares, les expériences plus variées et certaines concessions donnent encore cette sensation précieuse d’être presque seuls dans la brousse.
De Suyian à Borana, ces deux séjours m’ont surtout permis de découvrir quelques-unes des plus belles propriétés privées du Kenya.


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Suyian, aux confins du sauvage

Suyian Lodge, situé au cœur de la concession de 17 000 hectares qui porte le même nom, est une très belle adresse. Niché sur un promontoire granitique face au mont Kenya, il propose 14 suites, dont une familiale, toutes dotées d’une piscine privée et d’une cheminée, appréciable lors des soirées fraîches. Le design, épuré mais élégant, met immédiatement à l’aise. Ouvert le 1er juillet 2025, le lodge se distingue par une architecture d’inspiration afro-wabi-sabi privilégiant les matériaux naturels, la pierre locale et l’artisanat samburu. Si les espaces communs manquent encore légèrement d’atmosphère, nul doute que le temps effacera rapidement ce petit bémol. Le lodge dispose également d’une belle piscine commune et d’un spa intime comprenant deux salles de soins.
La réserve regorge d’animaux : zèbres de Grévy, lycaons, guépards, girafes réticulées… Elle est surtout réputée pour ses léopards noirs. Leur observation n’est toutefois pas aussi aisée que dans le Masaï Mara et il ne faut pas s’attendre à la même densité de faune. Rien n’est garanti, encore moins l’observation de la panthère noire, mais la destination mérite largement le détour.
Ne manquez pas les safaris à cheval, les safaris pédestres ou encore la visite de villages samburus particulièrement isolés. Autant de façons différentes d’appréhender la brousse et de vivre des moments privilégiés dans un environnement exceptionnel.


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Borana, territoire de conservation

Plus à l’est, la concession de Borana offre des panoramas spectaculaires sur la vallée de Samangua et les plaines vallonnées dominées par le mont Kenya. Le relief alterne entre forêts d’acacias, savanes ouvertes et escarpements rocheux. Véritable sanctuaire de biodiversité, Borana est particulièrement reconnue pour son engagement en faveur de la protection des rhinocéros. On y observe naturellement les Big Five, mais aussi les girafes réticulées et les zèbres de Grévy, deux espèces menacées, ainsi qu’une exceptionnelle meute de 28 lions, la Winter Pride, sans oublier les guépards.
Créée à l’origine comme un ranch privé, la concession est devenue un modèle en matière de conservation, notamment depuis la suppression des clôtures avec la réserve voisine de Lewa. Les lodges et villas privées participent activement aux programmes de préservation, un engagement perceptible à chaque étape du séjour.
La réserve offre une expérience à la fois immersive et exclusive.


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De Borana Lodge aux grandes maisons privées

Le Borana Lodge, pionnier de la réserve, propose huit chambres réparties à flanc de colline, dans un environnement particulièrement préservé. L’adresse cultive un esprit de safari traditionnel, avec des espaces communs simples, sans prétention mais tout à fait agréables.
Le style est très différent de celui des villas privées telles que Lengishu, Sirai House ou Arijiju, qui offrent une expérience bien plus raffinée.
Lengishu constitue une première étape intéressante. La propriété comprend quatre suites, dont deux composées de deux chambres, pour une capacité maximale de douze adultes. Construite en 2019, elle revendique une ambiance de cottage anglais. Cette décoration ne séduira pas tous les voyageurs, mais le jardin, particulièrement paisible, invite à la détente. Quant au personnel, présent pour la plupart depuis l’ouverture, il est aux petits soins et sait créer une atmosphère chaleureuse ponctuée de nombreuses attentions.
Sirai House, se situe dans un tout autre registre. Perchée sur une crête privée au pied du mont Kenya, elle accueille douze hôtes dans six vastes suites réparties sur la propriété. Édifiée en pierre locale et en bois par des artisans kényans, l’architecture s’inspire des grandes maisons de campagne d’Afrique de l’Est, où les lignes contemporaines dialoguent avec des matériaux naturels et un mobilier soigneusement sélectionné. Les espaces de vie, largement ouverts sur les plaines de Laikipia, offrent une succession de salons, terrasses et jardins. Depuis la piscine à débordement, la bibliothèque ou le boma, le regard se porte jusqu’aux sommets du mont Kenya tandis que la faune fréquente les points d’eau en contrebas.


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Arijiju, le coup de cœur

Et puis il y a Arijiju.
C’est incontestablement LE coup de cœur de ce voyage. Tenter de décrire cette propriété serait presque réducteur tant l’expérience est aboutie. Cette adresse, désormais moins confidentielle qu’à ses débuts, est, à mon sens, l’une des plus belles retraites d’Afrique.
Adresse à part dans l’univers du safari africain, cette résidence familiale se découvre elle aussi exclusivement en privatisation. Son architecture, discrète et profondément ancrée dans son environnement, s’efface presque dans le paysage grâce à ses toitures végétalisées, ses murs de pierre locale et ses lignes inspirées des monastères d’Éthiopie.
À l’intérieur, les vastes espaces voûtés, les cours paysagères et les matières naturelles composent une atmosphère d’une rare sérénité. Chaque détail a été pensé avec exigence : mobilier réalisé par des artisans locaux, linge en lin, objets chinés aux quatre coins du monde et larges ouvertures qui encadrent les reliefs de Laikipia et le mont Kenya. Plus qu’un simple lodge, Arijiju évoque une élégante maison de campagne africaine où le temps semble suspendu.
Les cinq suites, les espaces communs, la terrasse avec sa piscine à débordement, le rooftop idéal pour un apéritif au coucher du soleil, la salle de jeux ou encore le home cinéma : tout a été pensé avec une remarquable cohérence. La décoration est d’une grande justesse, raffinée, élégante, sans aucune ostentation, tout simplement luxueuse.
Les plus actifs profiteront des courts de tennis et de squash ainsi que de la salle de sport. Les familles apprécieront les parties de croquet ou le très beau spa, équipé d’un hammam, de deux salles de massage, d’espaces dédiés à la manucure et à la pédicure. Mention particulière à Frida, dont les massages sont exceptionnels.
Les activités proposées sont similaires dans tous les lodges : safaris en 4×4, à pied ou en VTT. Les safaris à cheval sont absolument incontournables, tout comme l’ascension du rocher qui aurait inspiré la célèbre scène de présentation de Simba par Mufasa dans Le Roi Lion.
Les visites de villages, le rhino tracking, la découverte du Medicentre ou encore les survols en hélicoptère, proposés en supplément, complètent l’éventail des expériences.

Deux voyages auront donc suffi à confirmer mon sentiment : Laikipia ne cherche pas à rivaliser avec le Masaï Mara. Et c’est précisément son intérêt. On y vient pour une autre vision du Kenya, plus confidentielle, pour ses paysages, ses initiatives de conservation et la diversité des expériences possibles.

Et parfois, pour une maison comme Arijiju, qui justifierait presque à elle seule le voyage.


■ Marie-Louise N.


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